📷 iss068e031344 — Credit : NASA
Deux astronautes sur le point de sortir dans le vide absolu, accrochés à une station spatiale filant à 28 000 km/h. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est ce qui se prépare activement du côté de la Station spatiale internationale.
Le grand rendez-vous du 18 mars
La NASA vient d’annoncer NASA Breaking News que deux sorties extravéhiculaires — les fameuses EVA, pour Extra-Vehicular Activity — sont programmées à compter du mercredi 18 mars 2026, juste à l’extérieur de l’ISS. Ces deux séances de travail en combinaison spatiale ont un objectif bien précis : préparer le terrain pour l’installation de deux nouveaux panneaux solaires déployables, les fameux iROSA (International Space Station Roll-Out Solar Arrays).
Pour ceux qui ne suivent pas l’actualité de la station au quotidien — et c’est tout à fait normal —, sachez qu’une sortie extravéhiculaire, c’est un peu comme un chantier de BTP, sauf que les ouvriers portent une combinaison à 12 millions de dollars et que le moindre boulon perdu part en orbite pour des années. Pas de filet de sécurité, pas de deuxième chance, juste la rigueur et des années d’entraînement.
Pourquoi ces nouveaux panneaux solaires ?
L’ISS a beau être un bijou d’ingénierie, elle vieillit. Ses panneaux solaires d’origine ont été lancés entre 1998 et 2000, et après plus de vingt ans exposés aux radiations cosmiques et aux cycles thermiques extrêmes — entre -160°C et +120°C toutes les 90 minutes — leur efficacité a sérieusement chuté. Les iROSA sont la réponse de la NASA à ce problème. Ces panneaux nouvelle génération, qui se déroulent comme un tapis une fois dans l’espace, permettent d’augmenter la puissance disponible à bord d’environ 30%. Ce n’est pas du luxe quand on sait que la station consomme autant d’électricité qu’une cinquantaine de maisons américaines.
Les deux EVA à venir sont donc des missions de préparation : il faut câbler, fixer des supports, s’assurer que tout est en ordre avant de recevoir et d’installer physiquement les nouvelles ailes solaires. C’est du travail minutieux, ingrat parfois, mais absolument indispensable.
Conférence de presse et transparence à l’américaine
Avant les sorties elles-mêmes, une conférence de presse était prévue le lundi 16 mars à 14h, heure de la côte Est, depuis le Johnson Space Center de Houston. Les experts de la NASA y détaillaient le programme, répondaient aux questions, et permettaient au grand public de comprendre ce qui allait se passer. C’est quelque chose que j’apprécie vraiment chez l’agence spatiale américaine : cette culture de la transparence et de la communication, même pour des opérations devenues presque routinières. Parce que oui, c’est la 94e et la 95e sortie extravéhiculaire de l’histoire de l’ISS. Quatre-vingt-quinze fois que des êtres humains ont ouvert le sas et mis un pied dans le néant. Ça mérite qu’on en parle.
Un chantier spatial qui ne s’arrête jamais
Ce qui me frappe toujours dans ces moments-là, c’est la continuité de l’effort humain dans l’espace. L’ISS n’est pas un musée qu’on contemple à distance. C’est un laboratoire vivant, en perpétuelle évolution, qu’on répare, qu’on améliore, qu’on adapte au fil des années. Les sorties extravéhiculaires en sont la manifestation la plus spectaculaire et la plus concrète. Des hommes et des femmes qui sortent litteralement réparer leur maison en orbite, avec une précision chirurgicale et un calme olympien.
Le programme iROSA en est à sa troisième phase d’installation. Les premières paires de panneaux ont été livrées et installées en 2021 et 2023. Chaque nouvelle installation est l’occasion de roder les procédures, d’améliorer les outils, d’affiner la coordination entre l’équipage et les équipes au sol. Une machine bien huilée, pourrait-on dire, même si dans le vide spatial, les huiles ne fonctionnent pas vraiment.
Et après ?
Ces deux EVA s’inscrivent dans une perspective plus large. La NASA et ses partenaires réfléchissent à l’avenir de l’ISS, dont la fin de vie est aujourd’hui envisagée autour de 2030. D’ici là, chaque amélioration compte. Des panneaux solaires plus performants, c’est plus d’expériences scientifiques possibles, plus de capacité de calcul, plus de confort pour les équipages. C’est aussi une façon de maintenir la station compétitive face aux projets de stations commerciales qui commencent sérieusement à pointer le bout de leur nez.
Pour ma part, je ne me lasse pas de ces moments. Regarder en direct deux astronautes travailler à 400 kilomètres d’altitude, entendre leurs voix crachoter dans la radio, les voir manier des outils conçus spécialement pour des mains gantées de 15 centimètres d’épaisseur… C’est une des choses les plus humaines et les plus extraordinaires qui soit. Rendez-vous le 18 mars.
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📡 Source originale : NASA Breaking News

