Le Japon veut décrocher un morceau de comète

📷 Rosetta’s Comet — Credit : Wikimedia Commons

Ramener un morceau de comète sur Terre, intact, depuis les confins du système solaire. Si ça vous semble tiré par les cheveux, attendez de voir ce que la JAXA a déjà accompli.

Les Japonais, champions discrets de l’exploration des petits corps

Le Japon n’a pas la visibilité médiatique de la NASA, mais il enchaîne les coups de maître depuis des années. La mission Hayabusa, lancée en 2003, a été la première à ramener des échantillons d’un astéroïde sur Terre, malgré une série de pannes à vous donner des cheveux blancs. Hayabusa2 a fait encore mieux en 2020, en rapportant des matériaux de l’astéroïde Ryugu avec une précision chirurgicale. Ces cailloux cosmiques ont depuis livré des informations précieuses sur la chimie organique primitive du système solaire.

Et ça ne s’arrête pas là. La JAXA prépare actuellement la mission MMX (Martian Moons eXploration) pour aller tâter le terrain des lunes de Mars, Phobos et Deimos. Bref, les ingénieurs japonais ne chôment pas. Résultat : l’agence se retrouve avec un savoir-faire unique au monde pour ce type de missions ultraprécises.

Mais leur prochain grand défi dépasse tout ce qu’ils ont tenté jusqu’ici. La JAXA a présenté les grandes lignes du projet NGSR, pour Next Generation Small-Body Return, lors de la conférence lunaire et planétaire Universe Today. L’objectif, aller chercher des échantillons d’une comète et les ramener sur Terre.

Pourquoi une comète, et pourquoi maintenant

Les comètes, ce sont un peu les capsules temporelles du système solaire. Formées il y a plus de 4,5 milliards d’années dans les régions les plus froides et les plus reculées de notre voisinage cosmique, elles n’ont pratiquement pas changé depuis. Contrairement aux astéroïdes, qui ont souvent subi des collisions, un réchauffement ou une altération chimique au fil du temps, les comètes conservent une composition quasi originelle.

C’est cette notion de pristine, de matière non contaminée, non modifiée, qui excite tant les scientifiques. Si l’on veut comprendre ce dont était fait le disque protoplanétaire qui a donné naissance à notre Terre, aux océans, peut-être à la vie elle-même, les comètes représentent la meilleure archive disponible. Et jusqu’ici, personne n’a réussi à en ramener un échantillon physique sur Terre dans des conditions contrôlées.

La mission Stardust de la NASA avait bien capturé des particules cométaires en 2004, mais dans un filet aérogel à grande vitesse, une technique qui altère forcément les matériaux. Ici, on parle d’un prélèvement direct, propre, avec retour sur Terre. C’est une tout autre ambition.

Pictogrammes sécurité Suisse — signalétique chantier GHS

Un défi technique hors norme

Et la surprise, c’est que le plus compliqué n’est pas d’aller jusqu’à la comète. C’est de s’en approcher suffisamment pour prélever quelque chose. Les comètes actives crachent des gaz et des poussières en permanence dès qu’elles approchent du Soleil, créant une enveloppe gazeuse appelée coma qui rend toute manoeuvre de proximité extrêmement périlleuse pour un engin spatial. La navigation dans cet environnement chaotique demande des systèmes autonomes très sophistiqués.

La JAXA doit aussi résoudre la question de la cible. Choisir la bonne comète, avec une orbite accessible depuis la Terre, une activité ni trop forte ni trop faible, et une surface qui se prête à l’échantillonnage, c’est déjà un casse-tête en soi. Les détails de la mission NGSR restent encore en cours d’élaboration, et aucune date de lancement officielle n’a été annoncée à ce stade.

Ce que l’on sait, c’est que la JAXA capitalise sur toute l’expérience accumulée avec Hayabusa et Hayabusa2, notamment les systèmes de descente autonome et les mécanismes de collecte à contact bref avec la surface. Ces technologies devront être adaptées à un environnement beaucoup plus hostile et imprévisible.

Ce qu’il faut surveiller

À mon sens, cette mission représente quelque chose de plus grand qu’une simple prouesse technique. Si elle réussit, elle pourrait transformer notre compréhension de l’origine des molécules organiques sur Terre, et par extension, de l’apparition de la vie. Ce n’est pas rien.

Les prochains mois seront déterminants pour voir si la JAXA obtient les financements nécessaires et confirme une cible cométaire. Il faudra aussi surveiller comment la communauté scientifique internationale se positionne autour du projet, car ce type de mission bénéficie toujours de collaborations avec l’ESA ou la NASA pour les instruments embarqués.

Le Japon a prouvé à plusieurs reprises qu’il pouvait faire ce que personne d’autre ne tentait. Une comète, c’est leur prochaine montagne à gravir. Et franchement, avec leur palmarès, je ne parierais pas contre eux.

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📡 Source originale : Universe Today