📷 iss066e166153 — Credit : NASA
Deux sorties dans le vide, une station spatiale, et des panneaux solaires nouvelle génération. La semaine du 18 mars 2026 s’annonce électrisante pour l’équipage de l’ISS.
Quand les astronautes sortent jouer dehors
La NASA a annoncé que deux astronautes s’apprêtent à effectuer une paire de sorties extravéhiculaires — les fameuses spacewalks — à bord de la Station spatiale internationale. Ces sorties, numérotées EVA-94 et EVA-95 dans le jargon de l’agence spatiale, débuteront le mercredi 18 mars 2026. L’objectif affiché est clair : préparer le terrain pour l’installation de deux nouveaux panneaux solaires de type roll-out, ces fameux modules solaires que l’on déroule comme un store.
Avant de passer à l’action, les experts de la NASA tiendront une conférence de presse le lundi 16 mars à 14h, heure de New York, depuis le Johnson Space Center de Houston. L’occasion pour le grand public de poser des questions et de comprendre ce qui attend les astronautes une fois la porte du sas refermée derrière eux. Et croyez-moi, il y a de quoi être fasciné.
Des panneaux solaires qui se déroulent comme une feuille de papier
Parlons un peu de ces fameux iROSA — pour International Space Station Roll-Out Solar Arrays. Ce ne sont pas vos panneaux solaires classiques, rigides et encombrants. Non, ces bijoux technologiques se déploient progressivement une fois en position, un peu comme un store de bureau mais à plusieurs milliers de kilomètres d’altitude et avec un budget légèrement plus conséquent.
La NASA a commencé à moderniser le réseau électrique de l’ISS avec ces nouveaux modules depuis 2021, et ce pour une excellente raison : les panneaux solaires originaux de la station ont maintenant plus de vingt ans. Ils ont bien vieilli, mais leur rendement a naturellement décliné avec le temps. Les nouvelles installations permettent d’augmenter la capacité électrique de la station d’environ 20 à 30 %, ce qui n’est pas rien quand on sait que l’électricité est littéralement la colonne vertébrale de toute vie à bord.
C’est l’une des choses qui me fascine le plus dans l’aventure ISS : cette station n’est jamais vraiment finie. On la répare, on la modernise, on l’améliore en permanence, à des centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, avec des hommes et des femmes en combinaison qui travaillent dans le vide absolu. Il y a quelque chose de profondément humain là-dedans.
Une sortie spatiale, c’est quoi exactement ?
Pour les curieux qui ne sont pas encore familiers avec l’exercice, une sortie extravéhiculaire est une opération au cours de laquelle un ou deux astronautes quittent l’enceinte pressurisée de la station pour travailler directement dans l’espace. Ils sont protégés par leur combinaison — l’EMU pour les astronautes américains — qui fait office de mini-vaisseau spatial individuel. Température extérieure oscillant entre -157°C et +121°C selon l’exposition au soleil, vide total, radiations… autant dire que la combinaison doit être parfaite.
Une sortie dure en moyenne six à sept heures. Six à sept heures à se déplacer le long de la coque de la station, à utiliser des outils spécialement conçus pour être manipulés avec des gants épais, à communiquer en permanence avec le sol. Physiquement et mentalement éprouvant, mais apparemment addictif : beaucoup d’astronautes décrivent la sortie spatiale comme l’expérience la plus intense de leur carrière.
Pourquoi ça compte pour l’avenir
On pourrait se demander pourquoi la NASA investit autant dans la modernisation d’une station qui approche de la fin de sa vie opérationnelle prévue. La réponse est simple : l’ISS doit rester pleinement fonctionnelle jusqu’à sa désorbitisation, actuellement prévue pour 2030. Et d’ici là, elle reste le laboratoire scientifique en microgravité le plus avancé de l’humanité.
Ces nouvelles sorties s’inscrivent aussi dans une logique plus large. Préparer les astronautes à travailler efficacement à l’extérieur d’une structure habitée, c’est aussi préparer les futures missions lunaires du programme Artemis, voire les aventures martiennes qui se profilent à l’horizon. Chaque EVA est une leçon, une répétition générale pour ce qui nous attend.
La conférence de presse du 16 mars sera l’occasion d’en savoir plus sur le profil précis des deux sorties, leur durée estimée, les astronautes impliqués et les défis techniques à surmonter. Je regarderai ça avec la plus grande attention. Et vous devriez en faire autant.
Selon les informations publiées par la NASA, les détails complets des EVA-94 et EVA-95 seront disponibles sur le site officiel de l’agence, qui couvre ces événements en direct. Une belle occasion de voir l’aventure spatiale en temps réel, depuis votre canapé, avec votre café.